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Les traitements contre le varroa dans l’Eure
Questions réponses
mercredi 12 novembre 2008
par David
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D’après un exposé de Jean Paul Faucon lors de la journée de vulgarisation de février organisée par nos amis du SAHN

Faut il traiter contre le varroa ?



Oui, obligatoirement.

Certains apiculteurs font le choix de ne pas traiter contre varroa et leur argument est qu’il ne constatent pas de pertes hivernales anormales ou d’effondrement soudains de colonies. Il faut malheureusement considérer que ces apiculteurs ont de la chance et laisse une lourde épée de Damoclès au dessus de leur ruches. Jusqu’ici leurs populations de varroas n’ont pas atteint un seuil létal pour les colonies, mais sans contrôle elles peuvent l’atteindre de manière imprévisible.

Les planchers grillagés ou à tubes sont ils suffisants ?



Non.

Le terme le plus approprié pour décrire ces plateaux n’est pas "anti-varroa" mais plutôt "détecteur de varroa" : ils ne sont pas suffisants pour débarasser la ruche de ses varroas. Bien sûr ils permettent une élimination mécanique et sans pollution du varroa, mais pas suffisante pour mettre à l’abri la ruche. En revanche ils permettent de détecter la présence du varroa dans la ruche.

Est il concevable de se fier uniquement à la chute naturelle de varroa pour décider de traiter ?



Non.

Certaines observations de terrain montrent que le nombre de varroas retrouvés sur le tiroir du plateau détecteur est à considérer avec précautions :

- Bien sûr une forte chute de varroas doit déclencher un traitement rapide, car elle signe une infestation importante voire massive de la colonie : situation à risque !


- Une faible chute naturelle n’est en revanche pas fiable : la quantité de varroas présents dans la ruche est parfois massive bien que la chute naturelle soit, elle, faible. Absence de forte chute ne veut donc pas dire faible population de varroas. Il faut traiter quand même ces ruches "à faible chute" à l’automne, de manière systématique.



Un traitement unique et systématique au printemps est-il suffisant ?



Non.

Au printemps, la population de varroas est généralement faible, mais à partir de ce point de départ, la multiplication des varroas est exponentielle. Traiter à ce moment revient à faire en sorte que la population de varroa de départ soit faible et atteigne plus tard un seuil dommageable à la colonie (pertes de production). Traitement de printemps = allonger la période où la population de varroa reste sous ce seuil.



Il faut surveiller la chute de varroa au printemps et traiter si nécessaire



Naturellement.

Si la population de varroa est déjà forte au printemps, en poursuivant sa croissance exponentielle, elle va rapidement atteindre un seuil dommageable.



Faut-il traiter systématiquement à la fin de l’été ?



Oui, systématiquement et le plus tôt possible.

En pratique, le traitement se faire le plus tôt possible après la récolte d’été. C’est à ce moment que la population de varroa est la plus forte, que son impact sur les futures abeilles d’hiver est maximal.

L’apivar (amitraze) est il encore efficace ?



Oui

Les évaluations menées par l’AFSSA et d’autres équipes françaises montrent que l’apivar conserve une efficacité supérieure à 95 % Naturellement, on peut arguer que ces expérimentations ne sont vraies que pour les colonies qui les ont subies, mais, à ce jour en France, les études expérimentales menées ne montrent pas de résistances. L’apivar en traitement d’automne reste donc suffisant.

Quelles sont les préconisations actuelles d’usage de l’Apivar ?




- La durée du traitement doit être de 10 semaines minimum.


- Il faut deux lanières par ruche, 1 lanière pour une ruchette.


- Le système d’accrochage des lanières n’est pas satisfaisant : nous vous conseillons de percer un trou au dessus de l’encoche en V de la lanière, et passer un fil de fer dans ce trou pour maintenir la lanière à la hauteur du couvain. si l’on utilise l’encoche en V, elle sera trop haute.


- Le positionnement des lanières est primordial. Il faut repérer la position du couvain dans la ruche est ne pas insérer aveuglément les lanières dans le 3ème et 7 ème intercadre. Les lanières doivent être insérées de manière symétrique au milieu du couvain avec un espacement de 3 intercadres libres.

- Il faut contrôler ensuite régulièrement que les lanières ne sont pas tombées ou n’ont pas été déplacées, et que le nid a couvain n’a pas été déplacé par les abeilles qui ont tendance à "fuir les lanières".

L’apiguard (thymol) seul est suffisant ?



Non.

L’apiguard pose deux problèmes : une diffusion du thymol liée à la température et relativement aléatoire, mais surtout une efficacité qui culmine entre 60 et 70 % : il ne peut pas constituer seul un moyen fiable de maitrise du varroa. En revanche, il peut être utilisé en juillet pour "évacuer de la pression" : diminuer une infestation forte par varroa, en attendant un traitement à l’Apivar.

L’Apistan (fluvalinate) peut-il être réutilisé ?



Eventuellement mais en contrôlant son efficacité de manière stricte.

Il fut un heureux temps où le fluvalinate avait offert une sérénité aux apiculteurs face à varroa. Mais dans les dix dernières années, de nombreuses et fortes résistances sont apparues à l’Apistan, et son usage a été fortement déconseillé.

Depuis, différentes études de terrain ont mis en évidence que, localement, ces résistances avaient disparues avec l’arrêt de l’Apistan. Comme l’Apistan est un médicament très efficace quand il n’existe pas de résistances, il est très tentant de le réutiliser, pour "soulager" l’Apivar et reculer le risque d’apparition de résistances à l’Apivar. Cependant, on peut raisonnablement craindre un retour en force des résistances à l’Apistan si celui-ci est de nouveau utilisé systématiquement et de manière prolongée.

 

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